Mes yeux, vous m'êtes superflus ;
Cette beauté qui m'est ravie,
Fut seule ma vue et ma vie,
Je ne vois plus, ni ne vis plus.
Qui me croit absent, il a tort,
Je ne le suis point, je suis mort.
O qu'en ce triste éloignement,
Où la nécessité me traîne,
Les dieux me témoignent de haine,
Et m'affligent indignement.
Qui me croit absent, il a tort,
Je ne le suis point, je suis mort.
Quelles flèches a la douleur
Dont mon âme ne soit percée ?
Et quelle tragique pensée
N'est point en ma pâle couleur ?
Qui me croit absent, il a tort,
Je ne le suis point, je suis mort.