Le soir

Le soir
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Plus fraîche qu'un parfum d'avril après l'hiver,
L'espérance bénie arrive et nous enlace,

La menteuse éternelle, avec son rire clair
Et ses folles chansons qui s'égrènent dans l'air.

Mais comme on voit, la nuit, sous le flot noir qui passe
Glisser les pâles feux des étoiles de mer,

Tous nos rêves ailés, dans le lugubre espace
Disparaissent, à l'heure où l'espérance est lasse.

En vain on les rappelle, on tend les bras vers eux ;
Les fantômes chéris s'en vont, silencieux,

Par le chemin perdu des paradis qu'on pleure :
Ah ! Mon ciel était là, je m'en suis aperçu

Trop tard, l'ange est parti, j'ai laissé passer l'heure,
Et maintenant tout est fini : si j'avais su !


Louis Ménard.

# Posté le jeudi 01 mars 2007 03:30

Modifié le dimanche 03 juin 2007 15:28

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# Posté le jeudi 01 mars 2007 03:28

Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire

Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire
Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire,
Que diras-tu, mon coeur, coeur autrefois flétri,
A la très-belle, à la très-bonne, à la très-chère,
Dont le regard divin t'a soudain refleuri ?

- Nous mettrons notre orgueil à chanter ses louanges :
Rien ne vaut la douceur de son autorité ;
Sa chair spirituelle a le parfum des Anges,
Et son oeil nous revêt d'un habit de clarté.

Que ce soit dans la nuit et dans la solitude,
Que ce soit dans la rue et dans la multitude,
Son fantôme dans l'air danse comme un flambeau.

Parfois il parle et dit : " Je suis belle, et j'ordonne
Que pour l'amour de moi vous n'aimiez que le Beau ;
Je suis l'Ange gardien, la Muse et la Madone. "

Charles Baudelaire
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# Posté le vendredi 19 janvier 2007 14:55

Modifié le dimanche 03 juin 2007 15:27

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# Posté le vendredi 19 janvier 2007 14:54

Modifié le dimanche 03 juin 2007 15:24

Ô agréable Songe, où t'en vas-tu si vite ?

Ô agréable Songe, où t'en vas-tu si vite ?
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Ô agréable Songe, où t'en vas-tu si vite ?
T'éloignant, ton départ renouvelle mon deuil,

Mon esprit, beaucoup plus prévoyant que mon oeil,
N'estimait que mon heur tu dusses mettre en fuite.

Ta nature trompeuse a mon âme réduite
D'avoir banni mon bien par un fâcheux réveil.

Morphée, que n'as-tu prolongé mon sommeil,
Afin que ta faveur ne me fût interdite,

Et que mon plaisir eût duré plus longuement !
Il n'est rien plus certain qu'après la jouissance

D'un frauduleux soulas marche la déplaisance,
Qui doublement accroît l'âpreté du tourment,

Car s'un' songe menteur charme la violence
De nos maux, le réveil toute joie dément



François Scalion de Virbluneau
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# Posté le vendredi 19 janvier 2007 14:51

Modifié le vendredi 19 janvier 2007 15:02