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# Posté le mardi 03 juillet 2007 09:52

Tous ces oiseaux qui sous la nuit obscure

Tous ces oiseaux qui sous la nuit obscure

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Tous ces oiseaux qui sous la nuit obscure
D'un triste vol se plaignent lentement

Ne sont témoins du doux commencement
De mon amour sainte, loyale et pure.

Les clairs ruisseaux, les bois et la verdure
Des prés fleuris d'un beau bigarrement

Sont seuls témoins du bien et du tourment
Que pour aimer également j'endure.

La nuit n'eût su dans son sein recéler
Mon feu luisant, qui peut étinceler

Parmi les cieux, aux enfers et sous l'onde.
Mon amour passe au travers de la nuit,

Et plein d'un feu qui bluettant s'enfuit,
Aide au soleil à redorer le monde.



Flaminio de BIRAGUE.

# Posté le vendredi 15 juin 2007 06:11

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# Posté le vendredi 15 juin 2007 06:08

L'angoisse

L'angoisse

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Nature, rien de toi ne m'émeut, ni les champs
Nourriciers, ni l'écho vermeil des pastorales

Siciliennes, ni les pompes aurorales,
Ni la solennité dolente des couchants.

Je ris de l'Art, je ris de l'Homme aussi, des chants,
Des vers, des temples grecs et des tours en spirales

Qu'étirent dans le ciel vide les cathédrales,
Et je vois du même oeil les bons et les méchants.

Je ne crois pas en Dieu, j'abjure et je renie
Toute pensée, et quant à la vieille ironie,

L'Amour, je voudrais bien qu'on ne m'en parlât plus.
Lasse de vivre, ayant peur de mourir, pareille

Au brick perdu jouet du flux et du reflux,
Mon âme pour d'affreux naufrages appareille.


Paul VERLAINE.

# Posté le vendredi 15 juin 2007 06:04

Elle pleurait, toute pâle de crainte

Elle pleurait, toute pâle de crainte

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Elle pleurait, toute pâle de crainte,
Lors que la Mort sa moitié menaçait,

Et tellement l'air de cris remplissait
Que la Mort même à pleurer eut contrainte.

Hélas ! mon Dieu, que sa grâce était sainte !
Que beau son teint, qui les lys effaçait !

Le trait d'Amour cependant me blessait,
Et dans mon âme engravait sa complainte.

L'air en pleurant sa douleur témoigna,
Le beau soleil de pitié s'éloigna,

Les vents émus retenaient leurs haleines,
Et sur la terre où tombèrent les pleurs

De ses beaux yeux, amoureuses fontaines,
Tout s'émailla de verdure et de fleurs.

Philippe DESPORTES
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# Posté le vendredi 15 juin 2007 06:01